Cloches : un guide à l’attention des maires

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18/07/2018
Depuis des siècles, les cloches rythment la vie quotidienne tant profane (indication des heures et des moments de l'emploi du temps) que sacrée : matines, angélus, messe, vêpres, mariage, baptême, enterrement, glas… Les cloches accompagnent et ponctuent les cérémonies et les processions à l'intérieur et à l'extérieur des édifices. On peut parler de langage des cloches, riche et bien varié.

Les cloches des églises peuvent être utilisées comme système d'alerte d'un danger avec le tocsin, d'une mort avec le glas, ou d'un événement majeur. L'usage religieux pouvait être distinct de l'usage civil selon le type de cloche utilisé ou selon sa localisation (cloches civiles, église, beffroi).
Les cloches ont ainsi des usages variés, tant liturgiques que civils :
► Elles annonçaient  et annonce toujours, les offices, les fêtes: il est habituel de raconter aux enfants que les cloches sont parties à Rome pendant le carême et qu'elles revenient le jour de Pâques, carillonnant joyeusement et déposant des oeufs dans les jardins.
► La sonnerie du glas annonçait, et annonce toujours, un décès dans la paroisse. Le type de sonnerie permettait et permet encore de savoir s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme.
► Elles rythment la journée par la sonnerie de l'angélus: un édit de Louis XI, en 1472, ordonna en effet "de sonner l'angélus trois fois par jour, matin, midi et soir, dans toutes les paroisses et églises du royaume...". Cette sonnerie devait s'accompagner d'une prière à Marie. Mais pour les paysans dans les champs, elle marquait surtout le début et la fin de la journée et l'heure du casse-croûte.
► Elles alertent également les populations en cas de catastrophe, d'incendie ou d'invasion: en cas de péril,on sonne le tocsin.
► Elles étaient censées éloigner la foudre et la grêle grâce à leurs sonneries: les paysans redoutaient les orages qui dévastaient les récoltes en quelques minutes, effaçant le travail d'une année et apportant misère et parfois famine.
► Elles permettaient aussi de prédire le temps: entendre les cloches d'un village voisin permet de savoir d'où vient le vent et dire si la pluie arrive.

Si les cloches des églises n’ont posé aucun problème durant plusieurs siècles, les changements de mentalité ou, plus précisément, de types d’habitants dans les villages, font apparaître des conflits quant à leur usage. Des siècles de traditions et de rythme de vie sont ainsi remis en cause, bien souvent par des personnes nouvellement implantées dans les villages.
C'est pourquoi la Société Française de Campanologie (SFC)  a récemment publié un document à l’attention des maires, leur rappelant ainsi les indispensables en matière de droit, de sécurité et de préservation du patrimoine.

« Un village sans sonnerie est un village qui se meurt. » Depuis 1987, la Société française de campanologie (SFC) milite pour que les cloches continuent de sonner. Pour sensibiliser une fois encore, elle a récemment publié un document intitulé "Le maire, gardien de clocher et des cloches". Ce document rappelle en premier lieu aux élus qu’ils ne peuvent pas interdire totalement les sonneries de cloches, même si des administrés réclament le silence absolu autour de leur résidence. »
Dans les faits, régler les querelles de clochers est bien plus complexe – puisque se mêlent des questions de tranquillité publique, de laïcité et d'usage local - et les juridictions n’accordent pas toujours leurs violons quand il s’agit de trancher un conflit. Ainsi, en 2014 après huit ans de procédures, le maire de Boissettes (450 habitants, Seine-et-Marne) a été contraint par un jugement du tribunal administratif de Paris à prendre un arrêté pour interdire que les cloches de l’église du village sonnent toutes les trente minutes, de jour comme de nuit, pour marquer l’heure et la demie (lire Maire info du 6 janvier 2014). Avant que la Cour d’appel de Paris autorise finalement les cloches à sonner près de trois ans plus tard…
Quand elles sonnent, les cloches peuvent encore aujourd’hui être utilisées pour alerter la population d’un danger imminent (tocsin) : un décret d’application du 16 mars 1906 prévu par la loi relative à la séparation de l’Église et de l’État du 9 décembre 1905 précise effectivement « que les cloches des édifices servant à l'exercice public du culte peuvent être employées aux sonneries civiles dans les cas de péril commun qui exigent un prompt secours. » Ainsi, la SFC invite les maires à faciliter l'accès aux cloches : plus vite elles sonneront, plus vite les habitants seront en sécurité.

 Toujours en matière de sécurité, la SFC appelle les maires à « préserver et entretenir » les installations. « Il ne faut jamais oublier que la cloche est un objet en mouvement, écrit-elle. Il peut donc exister un risque réel d’accident matériel ou corporel si, par exemple, son battant chute sur un passant ou, pire, si c’est la cloche elle-même qui tombe. » Pour éviter des drames de cette nature, l’association appelle les maires à « faire vérifier annuellement les éléments de risques majeurs ». Le campaniste s’assurera alors du bon état de la cloche et de son support (mur-beffroi), la cloche et sa fixation à son joug, l’accroche du battant à la cloche et l’endroit où le battant frappe le bronze...
 Pour les cloches anciennes, mieux vaut « éviter une sollicitation trop forte en remplaçant les électrifications anciennes par des motorisations électroniques plus adaptées ou en déportant les sonneries journalières sur une autre cloche quand le clocher en possède plusieurs et en concertation avec le clergé. »
La SFC invite enfin les communes à privilégier l’intérêt patrimonial, malgré le coût que peuvent représenter les travaux. « Il convient par exemple de privilégier la conservation et le remplacement d’un joug ancien plutôt que son remplacement par une fausse copie industrielle. »
Si les cloches sont protégées au titre des monuments historiques, les travaux sont soumis à une autorisation préalable et s’effectuent sous le contrôle scientifique et technique des services de l’Etat compétents. Dans le cas où la cloche est inscrite au titre des monuments historiques, « il revient au propriétaire (souvent la commune) d'adresser un courrier faisant office de déclaration préalable des travaux au conservateur des antiquités et objets d'art de son département, deux mois avant le début des travaux, avec copie à la DRAC. Cette déclaration préalable des travaux doit être accompagnée d’un rapport de visite décrivant l’état des lieux et d’un descriptif détaillé des travaux à engager », écrit l’association.
 Si elle est classée, l’autorisation préalable émane alors du préfet de région. « Il revient au propriétaire (souvent la commune) d'adresser un courrier au directeur de la DRAC précisant la nature des réparations à faire et exprimant le souhait d’obtenir l'avis et l'accord de l’expert campanaire de l'État (il y en a deux actuellement pour l’ensemble de la France) sur les travaux à effectuer (une copie de ce courrier doit être transmis à la Conservation des antiquités et objets d'art (CAOA) du département). »

"La cloche du village" Poème d'Alphonse de Lamartine (1839).

 
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